CARDINALES

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C'est pas moi, c'est Toto

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Voici un billet comme je les aime , par H. Dumas

26 mai 2016

 

 

J’avais trois demi-frères, dont le plus jeune avait plus de vingt ans de plus que moi.

Ils étaient issus d’un premier mariage de mon père génétique, je n’en ai rencontré épisodiquement et très rarement que deux, l’un d’entre eux ayant été fusillé par les allemands pour cause de résistance familiale.

Lors de mon adolescence, comme beaucoup, j’avais tendance à reporter sur les autres la cause de mes propres faiblesses.

Alors mon père me racontait ceci

“Tu es comme Jacques – un des ses trois premiers fils –, lorsqu’il avait deux ans et qu’il faisait dans sa culotte, on l’engueulait, il se mettait alors à pleurer et disait : c’est pas moi c’est Toto. Toto étant l’ainé.”

Je ne connaissais pas Jacques et j’ignore si la chose est vraie, mais cette amusante anecdote fait partie du capital intellectuel de ma famille. Elle m’a permis d’expliquer à mes propres enfants ce qu’est la responsabilité individuelle et l’énormité qu’il y a à la reporter sur les autres.

Cette anecdote me vient à l’esprit lorsque j’entends braire ceux qui à tout bout de champ imputent à l’Europe leur propre déchéance.

Au motif d’une utopique société collectiviste égalitaire, que la bonté naturelle de l’homme mettrait naturellement en œuvre s’il n’était d’horribles libéraux capitalistes qui ne songent qu’à exploiter les plus faibles, on nous serine que si des voyous cassent tout et nous privent maintenant d’essence, demain de tout transport et après demain rêvent de révolution et de destructions plus grandes encore, c’est de la faute à l’Europe.

Je propose de balayer devant la porte de ces démagogues.

Premièrement

Petit voyage au Venezuela, ou en toute autre “socialie”, pour ne jamais oublier que la bonté naturelle de l’homme s’arrête malheureusement à ses avantages personnels.

Quelque soit l’objet du partage — au Venezuela le pétrole – l’homme dévore le capital avec avidité s’il a l’occasion de le posséder sans avoir à le mériter. Dans ce cas il n’éprouve pas le besoin de construire, de capitaliser, il jouit c’est tout.

Ensuite, tel la cigale il geint.

Pas plus que n’importe quel animal, l’homme n’est naturellement partageur, bien au contraire. Ceux qui arrivent masqués, cachés derrière l’égalitarisme, pour capter le capital et le dilapider à leur profit sont bien pires que les capitalistes eux-mêmes.

Pauvres sots, ils n’ont donc pas compris – ou font semblant de ne pas comprendre — que celui qui possède le capital joue un rôle social majeur consistant à participer à l’accumulation. Cette accumulation qui renforce le groupe et fait de l’homme un animal légèrement différent des autres, plus fort, plus apte à lutter contre la nature tueuse ?

Deuxièmement

Les syndicats français sont une honte pour la classe salariale. En politisant les rapports économiques entre les employés et les employeurs, en utilisant la chimère égalitaire au lieu de discuter de façon pragmatique de la valeur de tel ou tel travail, ils ont failli gravement à leur mission.

Aujourd’hui ils s’arc-boutent pour que cette discussion ne soit jamais possible.

La France est un pays ou les salariés non seulement ne sont défendus par personne, mais sont pris en otages par une bande de voyous qui vit sur la misère artificielle qu’ils entretiennent.

Ces syndicats, gavés de subvention sans avoir besoin de justifier d’adhérents, ont fini, en connivence avec les élus, par installer dans ce pays un système qui coute la peau du cul pour un résultat médiocre et qui écrase économiquement ceux-là même qu’il est censé protéger.

Troisièmement

Tous les pays d’Europe n’ont pas le même fonctionnement. Certains, qui ont un système rationnel de discussion entre employeurs et employés n’imaginent pas la nécessité d’une guerre interminable et stupide sur ce sujet. Il est des pays où les hommes et les femmes vivent leur vie en fonction de leurs efforts, de leurs capacités. Où est le problème ?

La Grèce, jetée en exemple à tout moment, n’est pas complètement étrangère à sa misère. Effectivement, sans l’Europe elle était pauvre et elle le serait restée. L’Europe a sans doute eut tort d’imaginer que les grecs pourraient faire autre chose que détourner les sommes qui leur ont été confiées pour leur développement et la construction de leur avenir. Sont-ils complètement innocents de la corruption de leurs élites ? Je ne le crois pas. Il est sûr qu’ils regrettent amèrement l’illusion d’avoir été riches, c’est tout ce qui peut être reproché à l’Europe.

Conclusion

Il est insupportable de lire ou d’écouter à longueur d’information que l’Europe serait un repaire de personnes libérales qui mettraient en coupe réglée les gentils socialistes collectivistes et naturellement humanistes qui composeraient la France.

Faut-il rappeler que l’Europe n’a pas de structure politique commune, uniquement une structure administrative, pragmatique, qui n’a pas en charge les fantasmes des syndicats politisés français, ou ceux des politiques avides de pouvoir et de prébendes.

Oui, la France est dans la merdre. L’Europe n’y est pour rien, les socialistes, les syndicats, les politiques et affairistes corrompus sont les seuls responsables.

Il n’est d’autre solution que la liberté pour se dégager de toutes ces sangsues. Cette liberté qui nous a été rendue en 1945, nous apportant richesse et plaisir de vivre.

Liberté qui nous a été depuis ravie par ceux-là mêmes qui prétendent à notre bonheur. Qu’ils passent leur chemin et nous rendent notre liberté sans que nous ayons au préalable besoin de nous entre-tuer.

 


Bien cordialement. H. Dumas

 

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09/06/2016
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